Des mains propres pour des cajous équitables

Publié le 10 février 2020

À la fin de l’été 2019, un reportage choc traitant de la production des cajous en Inde est venu interpeller les amateurs de cette noix de plus en plus populaire. Visionné par des millions d’internautes, le documentaire réalisé par des journalistes français révélait les conditions de travail indignes et les mauvais traitements subis par les travailleuses dans les centres de décorticage.

Moment marquant du reportage, le caméraman réussit à filmer en catimini les femmes qui exposent les paumes de leurs mains brûlées par l’acide contenu dans les coques des noix. Prises dans un engrenage de pauvreté et asservies par des employeurs avides, ces femmes perdent la santé et souffrent pour un salaire de survie. Tout cela pour assouvir notre gourmandise et souvent notre désir louable de limiter notre consommation de protéines animales.

Malgré des millions de vues, une multitude de commentaires outrés et des kilomètres de bavardages sur les réseaux sociaux, deux semaines plus tard, presque tout le monde avait oublié l’affaire. Quelques-uns ont probablement décidé de boycotter le produit, tandis que la majorité s’est tranquillement remise à grignoter.

Mais chez Umano, nous n’avons pas laissé la nouvelle retomber dans l’oubli. Déjà pionniers dans l’importation des cajous biologiques certifiées Fairtrade au Canada, nous avons mobilisé nos alliés (et nos fidèles clients) pour réaliser une commande plus importante à nos partenaires. Vous pourrez désormais être plus nombreux à déguster des cajous l’esprit léger.

Qu’est-ce qu’une noix de cajou équitable?

Comme tout produit certifié Fairtrade, un produit équitable est avant tout un produit qui intègre les coûts sociaux et environnementaux dans le calcul de son prix. En clair, les producteurs sont sûrs de vendre à un prix qui leur permet de couvrir leur frais et de dégager une marge de profit tout en offrant des rémunérations et conditions de travail décentes.

Concrètement, le partenaire d’Umano pour les noix de cajou, la Coopérative agricole du Kenedougou (Coopake) au Burkina Faso, est constituée de producteurs de noix et d’autres fruits et produits locaux biologiques. Ensemble, ils ont accès à un centre de production pour différentes opérations de décorticage, séchage, emballage, etc. Les personnes employées du centre travaillent dans des conditions sécuritaires et sont payées selon les normes légales du pays.

De plus, la certification Fairtrade exige que les décortiqueuses de noix puissent s’enduire les mains d’huile végétale pour éviter les brûlures causées par l’acide contenu dans la noix. C’est cette technique, associée à un préchauffage suivi d’un refroidissement de 24 h des noix en coque, qui permet d’assurer que l’acide ne cause pas de lésions.

Selon le directeur de la coopérative, M. Konaté, toutes ces précautions ont un coût : « À la Coopake, nous dépensons près de 100 $ chaque semaine pour l’achat de l’huile », dit-il. La plupart des propriétaires des usines de décorticage vont préférer garder cet argent dans leurs poches et encore sauver du temps et de l’argent en n’attendant pas que les noix soient bien refroidies avant qu’elles soient manipulées.

On pourrait encore citer, parmi les avantages du commerce équitable, une prime de près de 0,50 $ par kilo de noix versée dans un fonds pour le développement de projets portés par la coop.

Des petits montants, mais qui mis bout à bout font la différence entre un produit conventionnel ou biologique et un produit Fairtrade. Autrement dit, entre le prix de l’illusion et le vrai prix.

Le long voyage des noix

Pratiquer un commerce équitable, c’est aussi s’intéresser à la chaîne de production du produit. Plusieurs sources journalistiques ainsi que des témoignages recueillis sur le terrain par Umano montrent que les noix peuvent avoir fait un bien long périple avant d’arriver chez nous. Lorsqu’on pense à l’origine d’une noix de cajou, on ne pense pas spontanément à l’Afrique de l’Ouest, mais plutôt à l’Inde, à l’Asie du Sud-Est ou au Brésil. Pourtant, c’est principalement en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali, Guinée, Ghana, Bénin…) que l’on en récolte le plus au monde.

Mais la faiblesse des infrastructures et des entreprises dans cette région a pour conséquence que la très grande majorité des noix est vendue brute, dans sa coque, à des commerçants étrangers. Évidemment, les prix proposés pour cette matière brute sont ridicules. Pour un paysan Burkinabé, quelques centaines de dollars représentent un montant d’argent qui ne peut pas se refuser, quitte à échanger ces quelques billets contre des mois de travail au verger ou au champ.

Plus de 90 % des noix quittent donc la terre où elles ont poussé pour embarquer vers l’Inde, le Vietnam ou le Brésil. Sur place, elles seront décortiquées et traitées, puis mélangées aux noix locales pour être revendues en Europe ou en Amérique du Nord.

C’est pour contrer ce pillage de ressources que des initiatives telles que la Coopake ont vu le jour. Les producteurs membres de la coop bénéficient donc d’un meilleur prix pour leur récolte et des dizaines d’emplois sont créés dans des zones où le taux de chômage atteint des sommets. Mais la pression est forte, et d’autres coopératives ne survivent pas dans un environnement où la concurrence est vive et où le bas prix fait la loi.

Le produit qu’Umano vous propose a donc parcouru une moins longue distance : plutôt que de faire un détour par un autre continent pour être traitées, nos noix de cajou ne font qu’un seul trajet, directement du Burkina Faso au Québec. Nous soutenons ainsi une communauté rurale et semi-urbaine très éloignée des routes commerciales et de l’appétit des géants de l’agro-industrie.

Plus qu’un produit, un message de bienveillance

Le commerce équitable, c’est aussi et peut-être avant tout un état d’esprit. C’est l’idée qu’à travers un produit, c’est un sentiment, une émotion, une part d’un individu et d’un peuple qui voyage.

Dans ce cas, c’est l’idée de la paix et de la bienveillance qui circule. En effet, le Burkina Faso est depuis quelques temps aux prises avec de graves problèmes de violence causés par des groupes armés se réclamant du Djihad qui sèment la terreur dans plusieurs régions du pays. Un problème qui a de multiples sources géopolitiques, idéologiques, criminelles et ethniques sur lequel nous ne nous attarderons pas ici. Mais tous les observateurs de ce conflit s’accordent pour dire que son ampleur s’alimente de la pauvreté chronique, de l’isolement et de l’absence de perspectives vécus par une large partie de la population de ces régions sahéliennes.

À l’échelle de cette crise humanitaire, l’initiative de Umano est extrêmement modeste, voire symbolique. Mais nous pensons que les symboles ont leur importance.

C’est un message que nous adressons au peuple burkinabé : nous ne vous oublions pas, nous sommes avec vous. Et un message que des dizaines de familles du Kenedougou nous envoient : nous voulons la prospérité et la paix au Faso.

Et c’est bien là le rôle essentiel d’un commerçant : celui de messager entre des mondes, des personnes, des histoires, et tant mieux si ces histoires passent à travers une petite noix douce et croquante en forme de virgule.

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